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Suicide, euthanasie et automutilation.

Discussion dans 'Débats' démarrée par Yamato, 28/6/17.

  1. Yamato

    Yamato Membre chevronné

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    J'ai fais le tour des sujets de débats et j'ai remarqué que nous n'avons pas encore parler de ces sujets.

    Comme vous le savez,il fait aujourd'hui débat dans de nombreux pays et chacun peut se voir confronter à l'euthanasie de manière plus ou moins directe. Donc, Cette section n'est pas un topic où étaler déprimes et états d'âmes (il y a surement un autre topic qui vous conviendra mieux) mais un sujet où l'on essaye de mieux comprendre le suicide (assisté ou non).

    Piste de réflexions (libre à vous d'y répondre ou pas)

    Fais-tu une différence entre suicide et tentative de suicide?
    As tu déjà songer au suicide? Dans quelles conditions?
    Que penses-tu des personnes qui se suicident? Arrives-tu à comprendre cet état d'esprit?
    T'es tu déjà trouvé face à un suicidaire?

    Sais-tu ce qu'est l'euthanasie (ou le suicide assisté)?
    Qu'en penses-tu?
    Comment réagirais-tu si un de tes proches penserait à l'euthanasie?

     
  2. AL4EVER

    AL4EVER Invité

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    Je suis assez divisée à ce sujet. Je comprends totalement que pour certaines personnes la vie devienne si insupportable, qu'on a l'impression de ne trouver aucun réconfort, aucun appui, rien à se raccrocher et que par conséquent la seule échappatoire est la mort. Je veux dire, personne n'a eu une existence heureuse du début à la fin sans aucun coup de mou.
    Personnellement, j'ai déjà eu la sensation de toucher le fond à un point tel que le suicide ne me paraissait pas comme une mauvaise idée. Et je conçois totalement en quoi cela peut devenir tentant... Bref, les envies de suicide et le suicide en lui-même, je comprends.
    Parcontre, ce que je n'ai jamais réussi à comprendre, c'est la scarification. Ça vient sans doute du fait que dans mon collège c'était un phénomène de "mode", et qu'à peu près tous ceux que j'ai connu qui se faisaient ça le faisaient purement pour se faire remarquer. Ça m'a poussée à trouver ce geste très stupide et vide de sens. Mais se faire du mal à soi-même juste pour se faire du mal.. A quoi bon ? Quand on n'est pas bien, pourquoi on ne cherche pas un moyen de soulager notre douleur au lieu de l'amplifier ? Enfin, ceux qui choisissent le suicide c'est justement pour trouver la paix et ne plus souffrir.. Mais rechercher la douleur à ce point c'est du masochisme, et ça n'apporte rien à la personne, sauf si elle tient à se faire remarquer, ce qui est d'autant plus stupide... Donc je ne comprends pas trop. Mais bon, si tant de personnes sont passées par là, c'est qu'il doit y avoir une ou plusieurs raisons suffisantes.
     
  3. Rouge

    Rouge Membre

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    Salut, ce que tu dis m'as chiffonnée alors je vais tenter d'expliquer. Ça peut paraître bête à préciser mais sans vouloir faire du misérabilisme, je ne vais néanmoins absolument pas avoir la prétention de parler au nom de tous, et je vais donc parler de ce que je connais.

    Je comprends que tu aies eu une "particulièrement mauvaise image de la scarification" si ce n'était qu'une mode dans ton établissement. Cependant, il y a aussi une partie non négligeable (je n'ai pas de chiffres, désolée) qui ne le fait pas pour se faire remarquer, ou alors par désespoir total, et non pour se donner une quelconque popularité.

    Ça c'est quelque chose de particulièrement difficile à expliquer à quelqu'un qui ne comprend pas :/. Un argument récurent explique que c'est un moyen "d'étouffer" la douleur morale sous la douleur physique ("je suis nul, je ne sert à rien" -> "j'ai mal, j'ai mal, j'ai mal"). Il y a aussi eu un moment où quelqu'un m'a parlé de "contrôle", de ne pas subir la souffrance, mais de choisir quand elle survient, la façon dont elle survient, et à peu près quand elle s'arrête, plutôt que d'aller mal pour des choses qui nous arrivent dans la gueule (harcèlement, rupture, persécution, trahison...) et qui parfois même n'arrivent pas tout seuls.

    J'espère que c'est un petit peu plus compréhensible comme ça en tout cas
     
    • Merci 1
  4. AL4EVER

    AL4EVER Invité

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    Je vois, je vois... J'imagine bien qu'il existe des personnes qui ne le font pas pour se faire remarquer, mais le problème, c'est que comme on ne le remarque pas, on ne peut pas savoir. C'est très triste mais c'est comme ça.
    Oui mais tu vois, c'est la même chose que me disaient les filles dans mon collège, elles étaient là "Tu peux pas comprendre" genre "T'as pas vécu ce que j'ai vécu" et ça faisait encore plus pitié parce qu'elles ne me connaissaient pas assez pour juger de ça et que j'avais peut-être aussi connu des choses difficiles, c'était pas pour autant que j'avais fait la même chose. Car n'oublions pas que c'est un choix avant tout. C'était volontaire, et le fait de ne pas avoir choisi de me mettre également dans cette situation ne me rend pas inapte à comprendre les problèmes des gens, donc pour moi ça n'est pas un argument valable, juste une sorte d'échappatoire. Mais encore une fois, il s'agit d'elles, pas de tout le monde, j'entends bien ce que tu dis. Oui, je veux bien croire qu'il s'agisse d'un acte de profond désespoir et d'un appel au secours, mais il y a d'autres moyens de l'exprimer... Il y en a tellement qui sont bien plus sains. Je les plaint sincèrement d'un côté mais d'un autre je ne peux pas m'empêcher de rester muette d'incompréhension quand ils parlent entre eux de conseils pour mieux se scarifier... C'est légèrement pathétique.
     
  5. Rahne

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    Une tentative de suicide volontairement foiré est un appel à l'aide.

    Un suicide, est une réel volonté de mourir.

    Si elles ont passé leurs phrases emo gothique de plus de 25 ans, c'est qu'elles sont dans une réel impasse, sentimentale, familiale ou économique, solitaire, qu'importe, mais généralement, avant l'acte, cette personne enverras très problèmes des signes, en soi ce n'es ni bien ni mal.

    Non personnellement, mais je conçois que certaines personnes peuvent y songer selon leurs état d'esprit.

    Pseudo-suicidaire, mais ce n'était qu'une question de temps avant qu'il le fasse vraiment, il lui as donc fallut plus de deux ans avant de ne plus avoir ce genres d'idées en têtes quotidiennement -évidemment elles reviennent-

    Si celui-ci est assimilé à un des problèmes que j'ai cités plus haut, il n'es pas légitime, car celui-ci étant gérable avec du temps.
    S'il est d'ordre d'handicape extrême type humain "légume" celui-ci est plutôt envisageable en dépit du fait que l'homme est totalement imbu de lui-même et devra dépendre de quelqu'un pour "vivre" et ce pour le reste de sa vie.

    J'en sais absolument rien.
    Par contre, j'ai déjà parler de ça à mes parents, leurs disant que s'il m'arrivait un accident qui ne me permets plus de vivre correctement mentalement -Toujours cet état de légume donc- je voudrais concrètement qu'il m'ôte directement.
     
  6. Vif'

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    Oui, on parle pas de la même chose, l'un au moins n'a pas réussi, juste à espérer que la personne n'aie pas survécu dans des conditions difficiles, et ne finisse pas par en mourir quelques jours plus tard dans d'atroces souffrances au service soins intensifs. Ceci dit, si on parle de l'intention, aucune différence à faire, dans les deux cas, la personne a voulu mourir. Pour ce qui est des fausses tentatives de suicide, c'est à dires celles qui échouent volontairement, que la personne en soit pleinement consciente ou non, alors on ne parle pas de la même chose, et même si je suis content que la personne n'ai pas au fond d'elle désiré mourir, je trouve déplorable d'en arriver là.

    J'ai dû passer la dernière décennie à y penser. Harcèlement parental, harcèlement social, harcèlement sur les réseaux, racket, violences physiques quotidiennes, jusqu'à la dépression, la phobie scolaire et la destruction de mon identité. Sans parler d'un secret que je devais garder au quotidien et cacher de tous. Dans ces conditions, je n'en voyais pas le bout et je n'imaginais pas la moindre raison que demain soit meilleur qu'aujourd'hui. Un peu comme l'euthanasie, je voyais le suicide comme un moyen d'éviter les atroces souffrances émotionnelles qui s’annonçaient dans une vie sans saveur. Heureusement que j'en suis pas arrivé là, la vie est pleine de possibilités : je m'en suis relevé et aujourd'hui il n'en est plus question.

    J'ai effectivement été face à cette situation durant l'année passée. Bien que je comprenne que la personne aie pu en arriver là, je ne peux en aucun cas l'accepter. Et j'ai pas forcément envie de détailler plus.

    Voir ci-dessus.

    Ouaip, du coup je vais me permettre d'en parler ce que je n'aurais pas fait sinon.

    Je suis pour. Malgré que je sois d'accord qu'on ne peut pas prévoir de quoi l'avenir sera fait, l'euthanasie est envisagée dans des situations où médicalement, on ne pourra rien faire de plus que de laisser la personne souffrir et la maintenir faiblement en vie. La personne doit être en mesure de disposer d'elle-même et d'éviter d'en arriver là. Et pour les proches qui s'y opposent, c'est compréhensible, mais la personne choisit avant tout pour soi et chacun devrait en faire de même.

    Malgré le chagrin, je la soutiendrais dans sa démarche si j'arrive à rester neutre. Mais avoir un proche dans cet état est une situation que je n'aimerais vraiment pas vivre.
     
  7. Rouge

    Rouge Membre

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    "Je vois, je vois... J'imagine bien qu'il existe des personnes qui ne le font pas pour se faire remarquer, mais le problème, c'est que comme on ne le remarque pas, on ne peut pas savoir. C'est très triste mais c'est comme ça."


    Eh bien, disons que parfois, dans ce que j'en connais souvent même, c'est remarquable, mais c'est pas forcément volontaire de leur part, ou comme je l'ai déjà dit, ça peut aussi être volontaire mais absolument pas pour atteindre une quelconque popularité avec ça, et uniquement par désespoir.


    "Oui mais tu vois, c'est la même chose que me disaient les filles dans mon collège, elles étaient là "Tu peux pas comprendre" genre "T'as pas vécu ce que j'ai vécu" et ça faisait encore plus pitié parce qu'elles ne me connaissaient pas assez pour juger de ça"


    Premièrement je ne dis pas la même chose que ces filles, je ne dis pas que tu ne peux pas comprendre, je dis que pour l'instant tu ne comprends pas, ce que, par ailleurs, tu as dit toi même (et sincèrement, si je pensais que tu ne pouvais pas comprendre je me serais pas donné la peine de tenter d'expliquer).

    Eh bien, je ne dis pas que ce qu'elles t'ont dit était intelligent, surtout vu le contexte, mais elles auraient pu dire ça pour plein de raisons, pour ne pas avoir à expliquer (donc ni à subir la pitié ou la haine que ça attise chez certaines personnes), parce que dans ces situations on a souvent l'impression d'être celui qui souffre le plus (je connais certaines personnes comme ça, pour ne pas dire beaucoup) etc, ce qui ne relève pas ces propos, que je n'encourage pas en plus de ça.


    "et que j'avais peut-être aussi connu des choses difficiles, c'était pas pour autant que j'avais fait la même chose"


    Ça aussi c'est récurent, mais c'est bien trop facile de dire ça, chacun vit des choses différentes et réagit différemment, par exemple, prenons un mal-être physique, certains vont se faire vomir/certains vont tomber dans des troubles alimentaires certains vont grossir, maigrir, se muscler, certains vont avoir recours à la chirurgie esthétique, certains vont finir par rabaisser les autres, certains vont se mutiler parce qu'ils se détestent...


    Bon, la je vais revenir sur quelques points, oui, il existe de la mutilation punitive aussi, mais même dans ce cas là, (et je m'adresse à quiconque pourrait me lire) faites vraiment gaffe à ce que vous dites, parce que le terme "masochiste" est très violent ->qui trouve du plaisir à souffrir, a être maltraité. Prenez conscience, que vous êtes en train de dire à quelqu'un qui se fait du mal parce que ça ne va pas du tout, qu'il aime ce qu'il est en train de se faire, alors non, juste non, vouloir souffrir ne signifie pas aimer ça, en plus c'est associé à quelque chose de très obscur, de très sale et de limite pas acceptable; et encore "vouloir souffrir" c'est pas vraiment une expression correcte selon moi m'enfin bon. Sincèrement, lorsque ce terme là m'est tombé dessus je me suis sentie souillée pendant un moment, est-ce que ça m'a, ne serait-ce qu'empêchée de le faire ? Non. Je me sentais juste encore plus sale. Alors vraiment choisissez vos mots


    Deuxième point, les troubles alimentaires vomitifs, et même pourquoi pas les autres, ne sont ils pas une forme de douleur qu'on s'inflige à soi aussi ? Certes, il y a purement ceux qui existent et prennent place dans la personne pour maigrir (et ça peut, c'est même la plupart des cas que j'ai croisés, même si j'en ai pas croisé des milliers on va pas se mentir, être relié à une telle haine de soi que le trouble se met en place), mais il y a aussi ceux qui sont la par dégoût, du monde, de l'injustice etc, personne ne s'offusque autant sur les troubles alimentaires (par exemple hein, et puis je ne veux pas que ça arrive) que sur la mutilation (en tout cas j'ai jamais vu ça)


    Troisième point, une deuxième fois c'est très récurent avec la mutilation de dire "moi aussi j'ai eu une vie difficile mais j'en suis pas venu la", perso j'ai jamais entendu ça pour quoi que ce soit d'autre, et si t'en es pas venu là (c'est un "tu" indéfini, je ne vise personne en particulier) bah t'en es peut-être venu à autre chose, de pas joli non plus, et si t'en es venu à rien bah tant mieux pour toi on est content, c'pas une raison pour l'utiliser contre ceux qui ont abouti là


    "Car n'oublions pas que c'est un choix avant tout. C'était volontaire, et le fait de ne pas avoir choisi de me mettre également dans cette situation ne me rend pas inapte à comprendre les problèmes des gens, donc pour moi ça n'est pas un argument valable, juste une sorte d'échappatoire."


    Je ne parlerais pas de choix, ma définition du choix est le fait d'avoir plusieurs possibilités, quand t'en arrives là t'en as pas d'autres, sinon, dans les cas les plus extrêmes, mourir. Et je ne qualifierais toujours pas ça de choix.


    "Mais encore une fois, il s'agit d'elles, pas de tout le monde, j'entends bien ce que tu dis. Oui, je veux bien croire qu'il s'agisse d'un acte de profond désespoir et d'un appel au secours, mais il y a d'autres moyens de l'exprimer... Il y en a tellement qui sont bien plus sains"


    À ce stade la, généralement tu y as déjà pensé, mais ça fonctionne pas


    "Je les plaint sincèrement d'un côté mais d'un autre je ne peux pas m'empêcher de rester muette d'incompréhension quand ils parlent entre eux de conseils pour mieux se scarifier... C'est légèrement pathétique."


    Bienvenue dans le joyeux monde des gens ayant les mêmes problèmes et se rencontrant. Quand il s'agit de problèmes assez graves comme celui là, on rencontre une personne, on constate qu'elle nous comprend (enfin !), au début ça peut être bénéfique mais très vite, les personnes vont se tirer vers le bas et ça peut devenir très très malsain. Et même si c'est pas très gentil je pense sincèrement qu'il vaut mieux séparer ces personnes, parce qu'elles se font du mal entre elles, et elles portent du coup, non seulement leurs propres problèmes, mais aussi ceux de/des l'autre/autres. Il vaut mieux se confier à quelqu'un de fort, qui va bien et qui peut encaisser notre propre souffrance, sinon ça peut très vite hyper mal tourner.

    Bon j'espère que je suis assez claire parce que je commence à m'embrouiller un peu
     
  8. AL4EVER

    AL4EVER Invité

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    J'entends bien, et je suis foncièrement d'accord avec ce que tu dis. Mais tu vois c'est ça que je comprends pas. Ils n'aiment pas souffrir, ils ne sont en aucun cas masochiste, et pourtant ils se font quand même du mal... Est-ce qu'il n'y aurait pas un contre-sens, une sorte de paradoxe là-dedans ? En soi je me dis que plus la personne souffre, plus elle sera en proie à la pitié des gens, et pour ces filles-là, c'est ce qu'elles recherchent en fait, la pitié. Et faire ce genre de chose pour attirer l'attention c'est pas ce que je qualifierais de brillant.

    Ensuite, tu dis que ce n'est pas un choix. Mais on est d'accord qu'elles ont elle-même pris leur compas ou leur quelconque objet tranchant et qu'elles savaient parfaitement ce qu'elles faisaient? Personne ne les a forcées, ce n'était pas une agression à proprement parler, en tout cas pas directe. Donc pour moi c'est un choix parce que ça vient directement d'elles, et que quand on souffre vraiment à l'intérieur, on n'aggrave pas son cas en pensant que ça va changer quelque chose. Enfin j'arrive vraiment pas à suivre ce genre de logique... Surtout en tant que personne qui a également connu des moments très sombres de sa vie, je n'y ai pas pensé, je ne me suis pas dit que ça me mènerait quelque part. (Je ramène pas à moi pour faire mon égoïste, juste pour donner mon point de vue parce que c'est le seul sûr que je connais hein.)

    Cela dit, la seule raison à peu près louable à mes yeux c'est quand, au contraire, on ne ressent plus rien, et l'on souhaite éprouver une sensation, qu'importe si c'est de la douleur. A ce moment-là, je peux concevoir qu'on en vienne à se scarifier mais pour toutes les autres, ce que je vais dire est horrible, mais si elles pensent qu'elles n'ont plus d'autre solution, pourquoi elles ne se suicident pas alors ? Je sais ça peut paraître inhumain mais en tout cas je ne parle qu'en mon nom, à leur place je ne passerais pas par là j'irais directement au stade supérieur. Et je ne dis absolument pas ça méchamment, de façon mal intentionnée ni rien, c'est juste ma vision des choses. Et ce qui fait que je ne peux pas comprendre.
     
  9. Solveig

    Solveig Invité

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    Merci Yamato d'avoir ouvert ce topic, le sujet est à mon sens, très intéressant.
    Après, le suicide et l'euthanasie restent deux choses très différentes même si ces deux thématiques sont toutes les deux liées à la mort.


    Non, pas vraiment. Certains disent que quelqu'un ayant des idées suicidaires veut simplement attirer l'attention ou envoyer un appel à l'aide. Ce n'est pas faux, mais dès lors qu'il y a présence de pensées suicidaires je pense que c'est important de considérer leur gravité.
    En fait, faire la différence entre suicide et tentative de suicide, c'est ce qu'on fait beaucoup trop. C'est ce qui amène les gens à penser que seul le passage à l'acte peut faire réagir leur entourage, et que leur SOS ne sera pas entendu.

    Si on prend l'exemple d'un meurtre avec préméditation, un mec qui projette de tuer un autre mec et qui élabore tout un plan pour le faire sera vu par l'opinion publique de la même façon que quelqu'un qui a vraiment commis un meurtre. La simple pensée à la même valeur que l'acte en lui-même, parce qu'à partir du moment où un individu met en place un meurtre même si c'est uniquement dans sa tête, on le considère comme étant vraiment capable de le faire.

    Pourquoi ce n'est pas pareil avec le suicide ?
    Probablement car nous vivons dans une société où il est mal vu d'aller mal. Il est mal vu de parler de ses problèmes, on a du mal à se confronter à la douleur des gens qui nous entourent et à accepter qu'elle soit réelle.
    C'est plus simple de se dire que de toute façon ce ne sont que des pensées.

    Malgré tout, chaque acte commence par des pensées. Même moi quand je me dis "je vais aller manger un yaourt", bah j'y pense avant de le faire.
    Et puis ensuite je le fais. Parfois non car j'ai la flemme de descendre le chercher, mais il n'empêche que y'a une probabilité non nulle que j'aille le manger à chaque fois.

    Cette probabilité non nulle existe aussi pour le suicide, elle est à prendre en compte.

    J'ai déjà beaucoup songé au suicide, par rapport à des problèmes personnels.
    C'est surtout qu'à un moment j'ai commencé à voir ça comme "la seule issue possible", et ce n'était plus seulement un fantasme dans lequel mes proches me pleuraient. C'était devenu quelque chose de soulageant, la fin des souffrances puisque c'est la fin du corps autant que de l'esprit (si on considère qu'il n'y a pas de "Vie" après la mort)


    Je comprends parfaitement. Je ne comprends justement pas comment on peut ne pas avoir de compréhension pour cet acte.
    Les gens qui se suicident je les vois comme n'importe quelle autre personne de cette planète, ce ne sont pas des gens qui étaient anormaux ou fous, aliénés ou bizarres. Ce sont des gens comme tout le monde qui s'ôtent la vie parce qu'ils croulent sous diverses pressions, et qu'ils ne les supportent plus.
    Chacun à un seuil de tolérance assez différent au final, certaines personnes peuvent vivre des années de misère sans y penser. D'autres y songent alors qu'on dirait d'eux "regardez la chance qu'ils ont!".
    Au final je me dis que le suicide c'est beaucoup trop grave pour se permettre d'en vouloir à qui que ce soit ou de porter des jugements hâtifs.

    Oui, beaucoup de gens avec qui j'ai discuté m'ont parlé au moins une fois d'envies suicidaires.
    Certains ont fait une ou plusieurs TS.
    Parfois ça me donne l'impression que le monde entier va mal et qu'on manque tous de bonheur.
    Mais je ne regarde peut être pas au bon endroit ! Après tout, il y a aussi beaucoup de gens tristes qui m'ont dit jamais n'y avoir songé, même pas comme ça rien que pour imaginer.

    Effectivement, je sais ce que c'est. Le fait de dire "suicide assisté" me rebute un peu.
    Dans le fond, c'est plutôt vrai, c'est une volonté de mourir soi même en étant assisté donc un suicide assisté. Mais la différence entre les deux situations est grande. Rien qu'au niveau de la dignité... Les conditions d'un suicide sont souvent atroces, l'euthanasie est quelque chose de très encadré et permet de mourir dans la dignité, et sans souffrance (c'est d'ailleurs ce qui est mis en avant par les défenseurs de l'euthanasie)

    Les causes ne sont également pas les mêmes.
    Pour bénéficier de l'euthanasie, il faut avoir une maladie incurable, un grave problème de santé, quelque chose de reconnu médicalement comme raison valable pour ne plus vouloir continuer.

    Quelqu'un qui se suicide ça peut être pour une dette impossible à rembourser, un divorce, des problèmes au boulot

    Se pose alors la question de la reconnaissance de la souffrance
    Je ne veux pas qu'on pense que je fais la "promotion" du suicide ou de l'euthanasie, ou que je trouve ça positif/inévitable
    Je pense que le suicide est évitable, pas forcément l'euthanasie. J'aimerais qu'on puisse aider tout le monde et que ce genre de situation n'arrive jamais

    Cependant, certaines choses peuvent être ressenties comme des injustices je pense. Parce qu'au final, des problèmes financiers très importants ou des problèmes au boulot peuvent causer la même souffrance psychologique voire même physique qu'une maladie incurable.

    Du coup, on accorde le droit de vie et de mort à quelqu'un sur sa propre existence simplement en se basant sur des jugements "raisonnés", des gens extérieurs qui ne peuvent pas ressentir la douleur de quelqu'un se réunissent et décident si oui ou non quelqu'un a le droit de s'ôter la vie et si ses raisons sont valables
    Je schématise un peu, mais au final c'est quand même étrange non ?

    C'est bien d'encadrer l'envie de mort, pour être sûr que quelqu'un qui peut être aidé ne va pas mettre fin à ses jours sur un coup de tête...
    Mais ça aurait un sens si on aidait réellement les gens. Là , on ne fait les choses qu'à moitié, on estime que les raisons de quelqu'un ne sont pas forcément valables, mais on juge quand même profondément les personnes ayant des envies suicidaires, on n'entend pas leurs appels à l'aide.
    De mon point de vue, c'est un peu une façon de se déculpabiliser sans prendre les choses en main.

    Merde, je viens de me rendre compte que le suicide et l'euthanasie sont peut être des sujets davantage liés que ce que je pensais, du coup.
    Si quelqu'un veut rebondir là dessus (tout ce que j'ai dit plus haut), je l'invite à le faire.



    Je suis pour l'euthanasie, je pense que j'ai suffisamment expliqué ma pensée dans les paragraphes ci-dessus.
    Au final c'est nous-même qui avons le droit de vie ou de mort sur notre existence, c'est légitime de l'avoir même si c'est regrettable de l'utiliser pour se donner la mort. Mais je comprends totalement que quelqu'un condamné à passer sa vie sans bouger sur un fauteuil roulant ou sur un lit d'hôpital avec des tuyaux dans le nez puisse avoir envie d'en finir


    Je voudrais certainement pas me confronter à la réalité, j'aurais du mal à réellement accepter son choix au début mais ce qui est sûr c'est que je comprendrais. Et puis j'imagine que pour un proche, on essaye de lui parler pour lui faire changer d'avis même si c'est désespéré ?
    C'est dur de répondre à cette question mais c'est probablement comme ça que je réagirais
     
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  10. Loly

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    On peut éventuellement rapprocher euthanasie et suicide, par contre je ne vois pas trop ce que l'automutilation vient faire là dedans. Dans le cas d'un suicide où d'une euthanasie, la volonté est de mettre fin à ses jours parce qu'ils deviennent trop difficiles à supporter. On appellera ça une euthanasie quand les raisons seront d'ordre médicales et que le tout est encadré, a priori dans un certain respect de la dignité humaine, un suicide quand c'est fait maison, en gros. L'automutilation en revanche c'est autre chose... Il n'y a pas là une volonté d'en finir avec sa vie mais de se faire du mal, et de le ressentir.
     
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  11. BRJ

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    Le principe de l'euthanasie est que l'individu ne met pas fin à ses jours lui-même. C'est un tiers qui s'en occupe comme le médecin ou un proche. Et c'est effectivement réalisé dans un cadre médical.

    Justement, un suicide n'est pas forcément "fait maison". Le principe d'un suicide, c'est que l'individu met fin lui-même à ses jours. Et ça peut aussi être réalisé dans un cadre médical. C'est le cas du suicide assisté (qui est à différencier de l'euthanasie), où l'on donne les instruments au malade qui doit réaliser seul sa mort.

    C'est important de différencier les deux, car les méthodes (la mort peut être réalisée par un proche, un médecin, ou par le concerné) entraînent des considérations morales très différentes. Par exemple, comment justifier l'euthanasie d'un proche si on a pas son autorisation pour cause de coma profond ou autre ? Ou comment être sûr qu'un homme qui veut se faire euthanasier est en pleine possession de ses moyens psychologiques ?

     
  12. Parquet

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    Il faut se poser la question inverse : pourquoi vivre ?

    La plupart des gens évitent la question, une partie trouve une réponse, et les autres se laissent mourir, un temps, pour réfléchir, puis meurent. Je suppose.
    On peut penser que les gens qui vivent sans raison se laissent encore du temps.

    Aussi je comprends tout-à-fait les personnes qui se suicident, car elles se sentent tout simplement inutiles et usées; elle le sont souvent. Il y a sur la Terre quelqu'un qui aurait pu aimer cette personne qui se tue, et quelqu'un d'autre qui aurait eu besoin de son aide, encore quelqu'un qui aurait aimer boire un coup avec pour laisser le temps filer, mais ces gens ne se sont pas rencontrés. je suppose qu'on passe à l'acte quand l'effort d'aller vers les autres devient plus grand que l'effort de tout terminer, après trop de rejets.

    Arrêtez-moi si je me trompe.
     
  13. BRJ

    BRJ Membre chevronné

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    La mort d'Alfie Evans, bébé britannique, décidée par les médecins, relance le débat d'une manière interessante je trouve (

    Bonjour visiteur, merci de vous inscrire ou de vous connecter pour pouvoir consulter ce lien.

    ) :
    • Sur quoi se fonde la légitimité médicale sur la question de l'euthanasie ?
    • Jusqu'à quel point un ou des proches peuvent-ils bloquer une fin de vie ? L'enfant est-il la "propriété" des parents ? Qui doit avoir le dernier mot (l'État/la famille) ?
     
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  14. Luuna

    Luuna Nouveau membre

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    Fais-tu une différence entre suicide et tentative de suicide? Oui, une tentative de suicide est le dernier appel à l'aide non verbal d'une personne plongée dans le désespoir. Le suicide est malheureusement la conséquence de ce désespoir qui n'a pas pu être épongé, et qui reflète un manque de mesures efficaces pour sauver cette personne.
    As tu déjà songer au suicide ? Dans quelles conditions ? Oui, soit en sautant d'un pont/passerelle qui était au-dessus d'une voie rapide, soit par overdose médicamenteuse (ma mère avait pleins de médicaments forts). Cependant je n'ai jamais fait de tentative.
    Que penses-tu des personnes qui se suicident? Arrives-tu à comprendre cet état d'esprit?
    T'es tu déjà trouvé face à un suicidaire?
    Les personnes qui se suicident souffrent d'un terrible mal-être qui pompe leur énergie vitale. C'est un cercle vicieux, car les idées noires viennent sans qu'on les appelle. Je vois ça comme des insectes qui rongent l'humanité (dans le sens le sentiment d'être vivant, la conscience d'exister) petit à petit. J'ai dans mon cercle social des personnes suicidaires, notamment une personne très proche de moi. J'ai déjà vu des crises. Mon comportement est dans un premier temps laisser la personne en lui montrant que je suis disponible si besoin. Ensuite je me rapproche d'elle, sans la questionner, mais juste en lui disant des mots bienveillants, et tenter un contact physique. Puis après tout dépend de ce que souhaite la personne, si elle souhaite parler, je l'écoute, si elle préfère dormir, je repars.

    Sais-tu ce qu'est l'euthanasie (ou le suicide assisté)? Oui, dans mon autre cursus universitaire j'ai eu l'occasion de faire un dossier sur l'euthanasie.
    Qu'en penses-tu? Je suis pour, du moment que la personne a laissé un écrit (je me rappelle plus du terme) disant qu'elle préfère ne pas continuer de vivre s'il lui arrive un accident grave qui la rend apathique, ou alors qu'elle a discuté avec une personne de confiance. J'ai pu regardé le film Le Scaphandre et le papillon, et il m'a tellement bouleversé et renforcé mon accord pour l'euthanasie.
    Comment réagirais-tu si un de tes proches penserait à l'euthanasie? C'est son choix, sa vie, ce n'est pas à moi de décider à sa place. Bien sûr je pense que je serai terriblement attristée, mais je n'ai pas à m'opposer à son choix, si c'est pour que cette personne souffre pour faire plaisir à son entourage, j'en vois pas la peine.
     
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  15. AULP

    AULP Membre actif

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    Bon je crois que je vais être obligé de parler de mon expérience personnelle tout en l'alimentant de mon point de vue extérieur.

    Non et oui. Non pour les autres car la plupart des récits de tentative de suicide que j'ai entendu, les personnes était au bord de la mort et elle n'ont été sauvé que parce qu'une personne et arrivé et ils ont survécu au drame.
    Oui pour moi car j'ai beau avoir fait une tentative de suicide je ne voulais pas mourir, juste partir très, très loin. Loin de cette douleur qui envahi mon cerveau. J'ai beau avoir fait une tentative de suicide, je ne serrais jamais morte. Pas la force de me tuer

    Je viens de le dire. Mais je veux mourir depuis que j'ai 8 ans et malgré les médicaments j'ai encore du mal de me détacher vers mon réconfort contre les angoisses. pour ceux qui le savent. Vous n'imaginez même pas comment la mort peut être réconfortante quand la vie est un combat contre sois même tout les jours.

    En noir je dirais que se sont les personnes les plus valeureuses. En blanc je ne sais pas. Une incroyable incompréhension et de la pitié bien malheureusement ( parce que dans mon monde en blanc ou en noir il n'y a que moi qui est le droit de souffrir et pas les autres ). Je ne pense rien. Elle sont là, elle existent. Il faut a tout pris les soutenir, les réconforter et surtout veiller sur elle.
    Plus ou moins. Je suis pour parce que c'est dans certains cas pour certaines personne le seul moyen d'échapper a la douleur. Et il n'y a que dans ce cas et dans le cas de personne légumes même si arrêter l'assistance respiratoire ou l'assistance alimentaire est la pire des barbarie.
    Je tomberais des nues. Enfin vu que j'accepte tout venant des autres. Je devrais m'y faire

    J'ai lu quelques part qu'il n'y avait que les morts qui était heureux
     
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