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Le pacifisme, doctrine bourgeoise ?

Discussion dans 'Débats' démarrée par Kiss, 22/5/18.

  1. Kiss

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    Bonjour,
    maintenant qu'il est admis par tous que le capitalisme est un système à abolir, il convient de discuter de la manière de procéder afin d'aboutir à cette abolition. Comment ça ? Tout le monde est pas anti-capitaliste ?

    Un premier topic assez similaire avait été fait par l'ami @Chouette Noire : https://zeforum.fr/threads/revolution-et-violence.2788/ mais je souhaite repartir sur de nouvelles bases étant donné les événements récents.

    Je vais donc vous exposer dans un premier temps les différentes visions qui existent, puis dans un second je vous donnerai la mienne.

    EDIT : J'avoue que le topic est un peu long. Hésitez pas à le lire en plusieurs fois. Le plus important se trouve à la fin, à partir de la citation du fréro Camara.

    Le dialogue social

    La première vision est celle que l'on va qualifier de "social-libérale". Elle stipule que c'est par le dialogue avec le gouvernement que les travailleurs, par l'intermédiaire des syndicats notamment, peuvent obtenir ce dont ils ont besoin.

    L'idée est donc la suivante :
    Admettons que les travailleurs souhaitent une augmentation du SMIC de n%.
    Ils contactent les syndicats dans un premier temps, puis une fois les syndicats persuadés de l'unanimité de cette requête, ils tentent de contacter le gouvernement.
    Le gouvernement va donc écouter la requête des syndicats ainsi que les recommandations du patronat et va trancher, pour l'un ou pour l'autre.

    Le reproche que j'en fais :
    Je pense qu'à force, ça se saurait si le dialogue social à la Macron fonctionnait. On voit très bien que le rapport de force entre les salariés et les patrons n'est absolument pas équitable. On pourrait supposer, avec un optimisme culotté, que le gouvernement saurait alors rester neutre et faire pencher la balance là où il faut.
    Mais n'oubliez pas, mes amis, que nous vivons dans une démocratie indirecte. Le problème de cette méthode de scrutin, qui plus est avec une élection à deux tours, et on le vérifie historiquement, c'est que généralement le gouvernement se retrouve très très loin d'être du côté de la défense des salariés.

    La lutte interne

    La lutte interne, c'est un petit peu plus proche de ce que souhaiterait un Mélenchon par exemple. L'idée c'est de prendre le pouvoir par les urnes, et de pratiquer une sorte de dialogue social partisan. Etant le gouvernement, il peut tenter de faire appliquer la plupart des idées des syndicats, censés retranscrire les besoins des travailleurs.

    Le reproche que j'en fais :
    Evidemment, le pré-requis est extrêmement difficile à atteindre. Il faut pour cela réussir à remporter les élections avec un programme assez engagé pour les travailleurs. On voit bien où ça mène. Je suis pas spécialement un grand partisan de Mélenchon, mais il faut bien avouer que le traitement médiatique qui lui est infligé est juste gerbant. En fait, à chaque fois qu'une figure crédible de la gauche qui vise la "lutte interne" fait surface, cette dernière est décrédibilisée de tous les coté.

    Mais admettons que c'est possible. C'est déjà un premier pré-requis.
    Malheureusement, même une fois un gouvernement dit partisan élu, je crains que ce dernier ne parvienne pas à pratiquer sa politique.
    Déjà historiquement, les Tsipras et autres Mitterrand n'ont, s'ils en ont eu la volonté un jour, jamais réussi à appliquer l'idéal pour lequel ils se battaient. L'un fut contraint par l'Union Européenne de suivre la politique libérale classique et l'autre succombant à la pression du patronat puissant de l'époque.

    Le problème voyez-vous, c'est que vouloir garder le système capitaliste tout en essayant de le réformer est une mission impossible, qui plus est dans un monde mondialisé. Tentez des réformes dans le sens du salariat et le patronat vous menace d'évasion.

    La violence

    Face à l'impossibilité de la réforme du capitalisme par les urnes, s'impose à nous un processus qui, dans la forme, a bien des défauts, mais dans le fond réussit à passer outre les difficultés des autres systèmes.

    Parce que oui, il y a un moment où il faut passer à la violence. Quand le dialogue est impossible car les règles du jeu sont orientées, quand la prise de pouvoir est trop difficile et vaine, il faut quand même faire quelque chose.

    Le point crucial selon moi, c'est l'aspect péjoratif que l'on pose sur la notion de violence. Cet aspect péjoratif, il vient notamment du fait que l'on ait tous été éduqués à base de "la violence ne résout rien", "il faut dialoguer", etc... Alors oui, j'suis pas un chien sauvage et, à priori, je suis pas pour qu'on passe à la violence sans tenter le dialogue. Sauf que dans notre cas, le dialogue il dure depuis 200 ans.

    Maintenant, petite expérience. Si je vous dis "violence", vous pensez à quoi ? Faites vraiment l'expérience, essayez d'analyser ce à quoi vous pensez.
    Il y a 99% de chances que vous ayez imaginé du sang, des types qui frappent d'autres types, des destructions, des pleurs ou que sais-je. Bref vous avez probablement eu une vision très basique de la violence, et c'est tout à fait normal :>

    Maintenant, si je vous dis "travail précaire", "seuil de pauvreté", "crever de faim", "sans domicile", "réfugié", c'est pas de la violence ? Si l'on fait la somme des termes que je viens d'évoquer, ne sommes-nous pas, en termes de souffrance et d'atrocité, au dessus même de la violence plus "visible" à laquelle vous avez probablement pensé ? Cette violence que je viens de décrire, qui est quasiment invisible tant elle submerge notre quotidien sans même que nous levions la tête, est systémique. Par là, j'entends qu'elle est orchestrée, plus ou moins volontairement, auquel cas elle est simplement un dégât collatéral du système en place.

    Il y a une citation que j'aime beaucoup, de Helder Camara, un évêque Brésilien :

    « Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.


    La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.

    La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.

    Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »

    On se souviendra aussi du discours de l'Abbé Pierre (décidément les chrétiens sont-ils de gauche ?) :


    Bref. À votre avis, pourquoi on nous bassine à longueur de journée que le pacifisme c'est le bien ? Pourquoi on dénonce de manière constante les violences des Black Blocs sans jamais évoquer leurs revendications ou leurs messages ? Pourquoi la violence systémique n'est jamais qualifiée ainsi ?
    Tout simplement car le pacifisme est une doctrine bourgeoise.

    J'irai même plus loin en analysant historiquement ce qui a poussé la bourgeoisie à adopter le pacifisme comme doctrine. Pendant longtemps, au XIXème siècle, le capitalisme usait de violences directes pour annihiler toute forme de rébellion. Pire, chaque tentative de s'approprier des droits pour les travailleurs se terminait en bain de sang.
    Face à cela, la mouvance anarchiste a vite pris les armes et plus d'une fois le capitalisme a bien failli y passer. Je vous invite d'ailleurs à consulter le magnifique reportage Arte sur l'anarchisme.
    Ensuite, au début du XXème siècle, le capitalisme a trouvé une nouvelle parade : l'alliance au fascisme. Plutôt que de se battre frontalement, le capitalisme, dans plusieurs pays, a établi une alliance plus ou moins explicite avec les mouvements fascistes qui, par chance, se revendiquent ouvertement violents.
    Finalement, alors que la seconde guerre mondiale se termine et que le capitalisme en a pris un sacré coup après que le peuple s’aperçoive qu'il a collaboré massivement avec le fascisme, les bourgeois trouvent une nouvelle parade. Les nouveaux moyens de propagande, la radio, la télé, la presse étant assez efficaces pour calmer la foule, il n'y a plus qu'à se protéger des attaques frontales. Ainsi naquit le pacifisme bourgeois.

    Qu'en pensez-vous ? Le pacifisme est-il une idéologie bourgeoise ? Comment contrer les violences systémiques ?

    PS : Par un hasard total, Usul a sorti aujourd'hui une vidéo sur les Black Blocks, et je vous invite à la consulter.
     
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  2. Chouette Noire

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    Pavé César !

    Merci de remettre cette question sur le tapis. Je tâche d'y répondre demain, tant la problématique est importante, centrale et actuelle.
     
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  3. Jesus Jenjirah

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    Come on dude be serious ah ah ah ah ah
    Ils sont marrant ces petits.
    Aka l'élite de la V erépublique qui veut sa fin ? *rire*

    Car un vieux dicton dit que la violence ne fait qu'engendrer la violence.
    C'est deux écoles, soit on pense qu'il faut soulever le tapis pour enlever la poussière, d'autres pensent qu'il faut passer l'aspirateur en dessous.
    Je suis très sceptique sur l'usage de la violence. Il semble bien impossible de soulever le système donc la violence serait le seul moyen de tout changer sauf qu'avec les exemples de l'Italie, Hongrie, Autriche. On voit que les choses peuvent changer.



    Selon ma vision, si on accepte la violence quel que soi sa forme, on est presque à la légitimer.
    Je pense que la violence est le fléau de l'humanité et qu'il faut trouver un moyen de combattre les violences d'états.

    Problème ; comment? Là le problème s'arrête et la violence semble être la seule solution.

    C'est donc un problème sans fin le pacifisme dans notre société.
    On va droit dans la catastrophe avec l'écologie et les états sont incapable d'empêcher la destruction du monde par les entreprises. La seule solution semblerait une révolution.

    Le problème que j'ai avec la Révolution c'est que j'ai l'impression que les révoltes deviennent les élites de demain. Les Godard d'hier sont devenu les élites ensuite. Il semble que le pouvoir est un poison mortelle qui ne peut mener qu'à la fin de l'humanité.

    Ou alors on arrête de prendre la vie au sérieux comme Milos Forman, on assume que la vie est une farce, l'humain est une farce et qu'on ne pourra jamais rien changer.

    So. Le pacifisme = bourgeois ? A l'origine peut-être. Faire la propagande du pacifisme auprès de tous pour éviter de prendre les armes est un moyen d'empêcher le changement.
     
  4. Chouette Noire

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    Ton propos va me servir d'appui pour illustrer la confusion très souvent réalisée entre plusieurs formes et plusieurs types de violence. La violence du système économique et politique apparaît aux yeux de n'importe quel quidam comme légitime. Je ne reviens pas sur la célébrissime citation de Weber, même si je pense que la question de la légitimité est à reconsidérer et à approfondir.

    Je vois deux moyens de cerner les opinions des gens : en discutant avec eux (c'est préférable) et à travers les médias qui tendent à faire transparaître la lecture du monde d'une catégorie donnée de la population. Je ne parle pas ici seulement des journaux télévisés ou autre, mais aussi des journaux papiers. Ainsi, un lecture du Monde ne sera pas le même qu'un lecteur du Figaro ou du Monde diplomatique. Ces évidences posées, tentons d'aller plus en profondeur.

    J'ai participé à plusieurs manifestations ces derniers temps. J'en ai profité pour observer le traitement médiatique et les analyses politiques qui en découlent. Prenons l'exemple du 1er Mai.
    Tous les dirigeants politiques ont vivement critiqué ces violences. Une petite compilation des propos :

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    Mention spéciale décernée à Wauquiez qui n'a visiblement pas compris que l'autorité de l'Etat n'existe presque plus depuis au moins une décennie et à Faure qui, avec son PS, tente encore de nous faire croire qu'il est du côté des salariés et des dominés.

    N'hésitez pas à observer ce plateau télé. Il apparaît comme une sorte de quintessence des propos tenus par le pouvoir médiatique (en règle générale, heureusement pas tous, y compris au sein de médias de masse) :

    Tous critiquent la "violence" sans poser une seule fois la question de l'oppression d'un système économique et politique. La violence des manifestations (à relativiser, dans la mesure où il ne s'agit QUE de vitres brisées) n'est rien :
    - en face de la répression policière que l'on se prend dans la gueule, que l'on soit dans le cortège de tête ou pas (hier, des services d'ordre de la CGT se sont fait défoncer).
    - en face d'un système économique qui te promet la mort et qui détruit la vie sur son passage. Tu ne me crois pas ? Promène-toi dans les champs à côté de chez toi et essaie de déterminer s'il y a plus ou moins d'insectes que dans ton enfance dans les fossés. Ose regarder les clochards qui crèvent dehors dans l'impunité générale. Ecoute les gens de ton entourage qui, bien souvent, n'ont pas d'autre solution que d'exercer un taf pitoyable qui les aliène progressivement et réussi à en faire les meilleurs avocats d'un monde qu'ils critiquaient auparavant.
    - Si tu es un homme blanc, hétérosexuel, intéresse-toi aux problèmes que rencontrent les femmes, blanches ou non, les autres orientations sexuelles, les personnes racisées, les handicapés, etc.

    Evidemment que j'oublie beaucoup de choses. Toujours est-il que quand tu commences à t'intéresser aux mécaniques de domination, tu mets le doigt dans l'engrenage et tu ne vois quasiment plus que ça. De ce fait, la violence change de perspective. Elle n'est plus ton propre fait (paradoxalement, les autonomes ne sont pas des gens violents. Les gens violents sont ceux qui te contraignent, t'exploitent, avec le sentiment que c'est "normal" ou "légitime"), mais devient le fait d'un système économique et politique et de ses chiens de garde. La prétendue violence en manifestation n'est que la réponse à ce que tu subis au quotidien. Et que l'on soit clair. Actuellement, il y a bien plus de sens à aller manifester dans un cortège de tête que derrière la CGT en mangeant sa merguez et en criant "Partage des richesses, partage du temps de travail, ou sinon ça va péter !" et t'offusquer ensuite de ces turbulents qui, ô grand crime, détruisent un MacDo.

    Que l'on soit clair : je ne pense pas que la stratégie des autonomes, prise seule, est la bonne. Ni même qu'il n'y a de bonne stratégie ou non. C'est une modalité de lutte que je comprends mais que j'ai du mal à partager. Pour autant, deux choses sont importantes à cerner :
    - Evidemment qu'il y a récupération politique via les médias. Enfin, tu peux faire toutes les manifs pacifiques que tu veux, ça ne changera rien ou pas grand chose. Les choses évoluent lorsque l'on contraint : blocage, sabotage, occupations, etc. Un tant soit peu de connaissances en histoire sociale le démontre.
    - Le gouvernement souhaite, quelque part, ces actions "violentes" dans un but de discrédit. Sauf que ça ne marche pas. Force est de constater qu'il y a de plus en plus de personnes dans les têtes, avec, chose nouvelle, un nombre important de syndiqués qui ne manifestent plus avec leur organisation respective mais avec les autonomes devant.

    Pour en revenir au sujet initial, je suis d'accord avec Kiss. Seul l'Etat déclare ce qui est acceptable ou non en terme de violence, et pas les manifestants. C'est lui qui fixe le curseur. Le pouvoir médiatique aide vraiment et sème la confusion chez les gens. Dans mon entourage, c'est très clair. C'est très dur de faire admettre que, non, les flics ne sont pas là en priorité pour protéger les citoyens français, mais bien davantage pour protéger un ordre social. Toujours est-il que ces petits stratagèmes ne fonctionnent plus vraiment ou, du moins, tendent à se fissurer. Wauquiez me fait rire. Le type pense que c'est en ayant une politique davantage répressive que ça va s'arranger et que "L'Etat va se restaurer". C'est tout l'inverse qui se passe. Les coutures pètent de partout.
     
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  5. Vif'

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    Si les bourgeois étaient pacifistes, ça se saurait. Il est loin le temps de Chirac qui disait non aux USA. Sinon j'ai ri quand tu as dit que le capitalisme était communément admis comme un système à abolir, tu peux rappeler les scores de Poutou, Arthaud ou du PCF aux législatives ? Personnellement je suis contre toute forme de violence, et heureusement qu'il n'y aura jamais de révolution, il y a bien plus de gens satisfait par le système que l'on pense, ils représentent près de la moitié de l’électorat.

    Vous trouvez qu'on vit dans une société si terrible que ça, sérieusement ?

    Ah, et pour te répondre Chouette Noire, .les policiers ont l'ordre de laisser faire les casseurs pour donner une mauvaise image aux manifestations. Et le PS est du côté des salariés et des dominés, c'est pas parce qu'il n'est pas communiste que ce n'est pas le cas. Hollande a viré libéral sous influence, c'est pas pour autant que ça arrivera à chaque fois. Hamon n'a aucune intention de virer libéral par exemple. Quoique si ils ne veulent pas sortir de l'UE, ça deviendrait problématique.
     
  6. Chouette Noire

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    Nous ne parlons pas le même langage. A partir du moment où quelqu'un, s'il n'est pas anticapitaliste, est nécessairement du côté des dominants. Du moins, il s'agit de ma lecture du monde, partagée par pas mal de personnes anticapitalistes ici.

    Il est beau le PS qui se prétend "du côté des salariés", quand, en étant au pouvoir, il a fait fermé Whirlpool (par exemple), il a accordé un chèque en blanc au MEDEF, il a autorisé un fichage généralisé de TOUT les citoyens français et j'en passe.

    D'ailleurs @Vif' , j'ai une question à te poser. Tu dis que : "Personnellement je suis contre toute forme de violence". Comment peux-tu déclarer, ensuite, "Vous trouvez qu'on vit dans une société si terrible que ça, sérieusement ?" ? J'aimerais bien que tu m'expliques en quoi, dans ton esprit, ces deux propos sont cohérents. Pour ma part, ils ne le sont pas. Ils sont même antinomiques.
     
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  7. Chouette Noire

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    Je glisse ici un lien (

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    ). Il s'agit d'un numéro de Réfraction, une revue critique anarchiste. Il concerne la violence et la non-violence et a été publié en 2000. Je ne l'ai pas encore lu, mais tous les articles sont en libre accès. Je pense qu'ils peuvent fournir une bonne base de réflexion sur une question aussi importante.
     
  8. Vif'

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    Le monde est pas tout blanc ou tout noir, faut savoir nuancer. Et je ne suis pas en train de dire qu'il n'y a pas de violence, je dis que la société pourrait être bien p ire.Il est relativement facile d'étudier si on le souhaite par exemple et de ne pas avoir à subir la précarité économique après. La violence qui me préoccupe c'est surtout l'insécurité et le terrorisme.
     
  9. Chouette Noire

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    T'inquiètes, je m'efforce de peser chaque mots que j'emploie et, derrière, j'essaie de fournir le plus de réflexion possible. Ca fait environ 10 ans que je réfléchis aux questions politiques. Pour l'instant, l'un de mes constats principaux est qu'il existe une lutte de classes. Cette lutte, n'est pas qu'une simple manifestation d'une colère légitime. C'est une guerre de classes.

    La société, elle pourrait surtout être bien mieux. Le pire, ça ne m'intéresse pas. C'est le mieux qui obsède mes pensées.

    Quant aux études, à la sacro-sainte formation et à la rhétorique "Si tu travailles bien à l'école, tu auras un emploi et tu seras riche !", je te propose d'aller dire ça aux 22% de chômeurs et/ou aux 50% de précaires chez les jeunes.

    Sources :

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    (ministère du travail)

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  10. Jesus Jenjirah

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    Pour te répondre @Chouette Noire ,tant qu'il y aura une violence d'Etat ou économique, il y aura une violence en face. Pas de fumée sans feu dans ce cas.
    Jean-Luc Godard dans son dernier film me semblait presque légitimer le terrorisme. comme répondre à la violence impérialiste.
    Il ne disait pas que "tuer c'est cool" ou que c'est logique, mais qu'il ne faut pas s'étonner en clair de la violence sur nous quand on la propage à la base.

    Je pense que c'est à double tranchant cette phrase.
    Les très bons alias monsieur HEC et co gagneront rapidement un emploi, les premiers de la classe
    auront sûrement peu de difficultés de manière générale

    Le problème c'est que HEC ne recrute pas 1 million ni 100000 ni 10000 élèves voire même pas 1000. Pareil pour la FEMIS, les HEC version cinéma qui ne prend que 2 % des inscrits.
    Le problème c'est que quand on n’est pas de cette branche des très bons, on ne sera jamais sûr d'être un employé indispensable là est le soucis.

    C'est un argument de fainéantise.
    Dans ce cas là, arrêtons toute lutte sociales, le monde est pas si horrible, on est pas encore à 50 % de chomage, de quoi on se plaint ?
     
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  11. AULP

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    Donc Gandhi est un bourgeois.

    Première réaction de la débilité, conneté absolue que mademoiselle Aurore-Ullysse Le Pape incarne a la perfection.

    Lisez Le cri du colibri de Hutt Michel. Très bien écrit. C'est tout ce que je peux en dire
    Moi je pense que la façon la plus simple c'est que tout le monde meure dans une troisième guerre mondiale et que les plus adepte a survivre reste et construise un monde meilleur. Quoique l'homme est une erreur a part entière et je suis bien entendu la plus grosse

    Ce n'est pas possible. Je ne parle que de moi. Une claque personnelle dans ma face de connasse de service.
     
  12. Forest-Source

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    @Vif' même si je comprends aisément où tu veux en venir, dis toi bien que ta perception du monde est seulement une construction spirituelle et surtout sociale, presque purement sociale, qui prend compte de ta situation socio-économique et culturelle globale depuis ta naissance. Pour prendre un exemple, un gosse de la classe moyenne sup' ressentira le monde comme le champs de tous les possibles et le terreau infini du succès pluriel (emploi, famille, thunasse, etc), mais gardes également à l'esprit qu'un enfant de famille pas loin d'être en dessous du seuil de pauvreté grandira avec la violence psychologique des fins de mois difficiles, des ZEP abandonnées et d'un capital intellectuel moins prononcé. Ce n'est pas une critique (je suis sans doute plus "doux" que les deux autres bonhommes du dessus :p ), mais vois les choses d'une manière empathique et détachée de tout facteur individuel car je peux t'assurer, ayant côtoyé plusieurs milieux socio-économiques, que ton raisonnement est quelque peu précipité x)

    En ce qui concerne la non-violence en tant que concept bourgeois, je pense qu'il est quelque peu excessif de théoriser de la sorte une telle notion quand on sait que nombre de mouvements contestataires de toute conjoncture sociale, ayant opéré dans des milieux hostiles et autoritaires, ont adopté le pacifisme comme condition sine qua non de la lutte sociale au cours de l'Histoire. En revanche, je serais d'accord pour dire que le concept est souvent utilisé par l'élite politique et les milieux communicationnels de poids pour installer une rhétorique ultra-attentiste au sein du peuple, voire passive.
    C'est justement là qu'intervient mon opinion de la démocratie représentative : le génie de celle-ci, lorsqu'elle est manipulée à des fins malhonnêtes, est de réussir à persuader le peuple que tel ou tel moyen d'actions ou de pensée est profondément mauvais voire inhumain. Ayant souvent pour habitude d'analyser les conditions de façonnement historique à la manière de Michel Foucault, je pense que le stade actuel de la démocratie représentative s'approche très discrètement de ce que je nommerais une "démocrature douce". Un système dans lequel la votation et l'élection ne servent qu'à perpétuer plus ou moins inconsciemment une élite systémique et complètement décentralisée.
    Pour moi, la question n'est pas tant de savoir si la violence est acceptable ou non, car d'un point de vue contemporain, il s'agit d'un facteur multidimensionnel bien vaste, mais aussi l'interrogation est sans doute plus ou moins dépassé dans le macrocosme occidental (même si d'un point de vue personnel je m'y oppose strictement). Aujourd'hui il conviendrait plutôt d'étudier sur une échelle pleinement alternative les dispositifs conscients et inconscients mis en oeuvre par la "démocrature douce" pour persuader les gens que la situation du pays est normale, que les incidents seront toujours là et que les problèmes sociaux ne sont que de simples enjeux pouvant être réglé absurdement avec de vastes plans incompréhensibles. En d'autres termes, qu'il n'y a nul besoin de violence ou de révolution parce que le cadre libéral (aussi bien politiquement qu'économiquement) assure la normalité stable de la communauté.
     
  13. Vif'

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    Franchement, tu me connais un peu, tu crois que c'est ce que j'ai voulu dire ? C'était à propos des révolutions.

    Non, j'avais il y a encore quelque mois des idées totalement à contre-courant de mon milieu. Et au total opposé de ma famille, peut-être lié à une certaine éducation scolaire. Si on voit le monde actuel comme une lutte de classe bah dis-donc elle est large la classe dominante. Je ne connais pas tes idées mais je te ferais pas l'affront de te dire que c'est uniquement lié à ton milieu social, parce que c'est un argument qui ne marche pas. Et je côtoie rien que dans ma famille de tous les milieux économiques et de toutes les idées politiques. La différence maintenant c'est que je ne veux pas qu'on soit gouverné par des gens qui voudraient un monde idéal en oubliant ce qui est faisable, réaliste voir souhaitable pour le pays. Malheureusement dans leur détresse trop de personnes défavorisées préfèrent qu'on leur promette monts et merveilles parce que la réalité est trop froide et dure.
     
  14. Forest-Source

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    @Vif' ce n'est pas du passé dont il est question mais de ta façon actuelle d'envisager les fractures sociales et les failles de l'establishment. Si d'une part il faut en effet conceptualiser les moyens d'actions et de changement sociétal par des biais réalistes, il convient également d'innover et de proposer des modèles alternatifs. Tu dis que la réalité est trop froide et dure et qu'en conséquence les gens se tournent vers des options peu recommandables, mais penses tu que le réformisme classique ou l'enlisement dans le capitalisme actuel (je ne suis pas anti-capitaliste, mais pour un capitalisme social) soient les véritables solutions à la rigidité contemporaine ? Là où je suis d'accord avec toi, c'est qu'il existe sans aucun doute des idéologies précipitées et dangereuses, mais il existe toujours une voie consensuelle radicale, une expression autre, la possibilité d'observer le monde différemment en dehors de tout paradigme clairement établi.

    Pour revenir au sujet, je pense que la violence n'est pas une solution viable, que la lutte des classes est dépassée et que le futur, c'est l'alliance du peuple-classe (tel que théorisé par Christian Delarue) contre les dix pourcents les plus riches qui les exploitent afin de prendre le pouvoir par la voix démocratique puis de transformer la notion même de démocratie. La violence pouvait fonctionner par le passé en Europe, aujourd'hui ce n'est que pure lubie à mon sens, en dehors des foyers instables et encore peu intégrés à la mondialisation dans le monde. Si violence il y aurait en France, les résultats seraient la guerre, l'explosion de la fiscalité et la paralysie sociale. Ce qu'il faut, ce n'est pas casser du patron (totalement absurde car tout les patrons ne sont pas des monstres), mais transformer le patronat et plus largement développer les altermondialismes par le biais du développement de militantismes alternatifs et de nouvelles visions politiques autre que le Grand Soir ou encore la sociale-démocratie épuisée.

    En d'autre terme, la violence, c'est l'apocalypse. Et le futur, c'est le libre-marché socialiste, le mutualisme éclairé et entrepreneuriat humaniste par les voies anti-systèmes constructives. Bien-sûr, il ne s'agit que de mon avis.
     
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  15. Vif'

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    Je suis pas du tout pro-néolibéralisme, je pense que c'est une idéologie dangereuse socialement. Non je pense que beaucoup de changement sont à faire, mais qu'en France il en manque la volonté, notamment parce que les médias au service de cette idéologie endormissent suffisamment la population pour qu'elle se laisse dominer.

    Petite question, tu entends "libre-marché socialiste" selon la définition actuelle du socialisme, pas celle de Marx ?
     
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