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Le libéralisme

Discussion dans 'Débats' démarrée par Vif', 29/4/18.

  1. Vif'

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    Bonjour/bonsoir, aujourd'hui je vous propose de débattre autour de la question du libéralisme.

    Le libéralisme est en matière politique, une idéologie qui défend la démocratie et les libertés individuelles et s'oppose au totalitarisme. En matière économique, c'est une idéologie qui défend la libre entreprise et la liberté de marché.

    C'est l'idéologie qui domine le monde depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

    En France, le libéralisme est représenté majoritairement par les partis LREM et LR, et a comme principaux opposants la FI et le FN.

    Que pensez-vous de cette idéologie ? Est-elle positive ou néfaste pour notre société ?
     
  2. BRJ

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    Je suis pas vraiment d'accord. Économiquement oui, politiquement non. De nombreuse puissances en devenir ne le sont pas et ne semblent pas s'y diriger (Russie, Chine). La tendance est même au revirement (les démocratie ilibérales en Hongrie et Pologne).

    Alors déjà je dois préciser que j'ai une certaine vision du libéralisme très imprégnée du social-libéralisme. Car il y a évidemment des libéralismes : des libéralismes purement politiques comme ceux de Mill ou Rawls, du social-libéralisme à la Hobhouse, des anarcho-libéraux comme Nozick, des tenants de la liberté comme Rousseau qui restent critique du libéralisme, des libéraux pur jus comme Constant, des libéraux qui ne pensent pas que le marché s'auto-régule et souhaitent même voir disparaitre à long terme l'accumulation de capital comme Keynes, ou des tenants de l'ordre spontané comme Hayek.

    Personnellement sinon, en tant que libéral je suis évidemment pour l'extension d'un libéralisme politique, malgré qu'on ne devrait pas l'imposer à des populations réticentes à mon avis. Et je me méfie pas mal de la tendance néo-libérale sans pour autant être un étatiste total.
     
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  3. Jesus Jenjirah

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    Objection.
    Le libéralisme admet un point commun  : la défense de l’économie de marché = garante de liberté individuelle et d’efficacité collective.

    Sauf qu'on ne parle pas necessairement de liberté de marché.
    Le terme à tellement été mâches qu'on peut retrouver des définitions contraire.

    En Europe, on voit le libéralisme sur le principe du laisser-faire = autorégulation du marché. Il faut laisser le bébé seul il se demerdera lui même et un contre l'intervention de l'état dans l’économie

    Sauf qu'au USA c' est au contraire un partisan de l’interventionnisme. Concept popularisé par Keynes. Keynes qui ne croyait pas à un social-libéralisme mais proposait une alternative mélangeant les deux sans être dans le socialisme pure.

    Je propose d'analyser cela moi même sur trois points.

    Keynes estimait que le libéralisme vu par le modèle classique à fait beaucoup de mal.
    Dans une recherche de la compétitivité, on a commencé à penser beaucoup trop au profit et on a pas hésité à licencier en masse les salariés au profit de machine.

    Donc le laisser-faire est un echec. La main invisible est totalement inexistante ( la main invisible c'est grosso modo = l'ensemble des actions individuelles des acteurs, guidées uniquement par l'interet personnel de chacun, contribuent à la richesse et au bien commun.)
    Ici l'intérêt personnelle oublie l'intérêt collectif.

    Il estime que le libéralisme classique ( a accompli son œuvre et que désormais, le capitalisme génère des problèmes  : crises, chômage, pauvreté, inégalités de revenus

    C'est donc à l’État que revient la responsabilité de corriger ces failles, et cela à travers un interventionnisme actif.
    Surtout que certain domaines ne rapporteront jamais d'argent et donc il ne peut se permettre de privatiser à tout va.

    Pour conclure, il alla jusqu'à proposer une "euthanasie du rentier" , c'est pour dire. (dire dire dire)

    On considère ensuite Adam Smith comme le père du libéralisme bien que son oeuvre majeure soi plus un ensemble d'idée reprise. On le voit aussi avec sa main invisible (voir plus haut) comme la pensée de base du libéralisme.

    Il était pour un impôt équitable et progressif sans être dans un excès de fiscalité qui empêcherait l'investissement et l'épanouissement. Un ouvrier en bonne condition mentale sera toujours bien plus efficace et productif.
    Il estime qu'il faut pas faire de cadeaux aux riches pas comme nos gouvernements depuis longtemps, ils doivent contribuer à la dépense de l'Etat.

    Il était dans l'idée que l'homme était altruiste(peut-être raté sur le coup)
    Il critiquait le néo-libéralisme en disant qu'à échelle internationale, il fallait privilégier notre pays plutot que les autres. Pas comme on fait aujourd'hui.
    Si on privilégie le moins chère on ira jamais chez nous mais ailleurs comme on fait aujourd'hui quasiment, donc en allant ailleurs, les producteurs vendront moins et devront vendre plus chère en conséquence pour vivre.

    Dans le libéralisme de Macron (néo-libéralisme) on est dans l'idée d'une réduction des impôts des plus riches et une volonté d'ouvrir à une éventuelle privatisation des fonctions comme le transport ou la santé.
    On est aussi avec lui dans la méritocratie. Un concept très peu social car un bon élève d'Henri 4 aura toujours plus d'opportunité qu'un bon élève de Sarcelle.

    Une branche plus radicale veut la suppression des programmes de protection sociale qui font perdre des sous car on paie des Arabes au RSA pendant qu'ils dealent du shit et terrorisent les gentils (souvent LR et le FN) .

    Voilà pour grossir quelque tendance rapidement
     
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  4. BRJ

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    Faudrait que quelqu'un fasse un topo sur le néo-libéralisme. C'est une notion plus complexe qu'une simple privatisation des services publics. Ya des bases idéologiques (refus du constructivisme, primauté de la liberté économique sur la liberté politique, le marché comme processus de transformation de soi, un nouveau rôle pour l'État, ...) propres au néo-libéralisme qui sont assez terrifiants.
     
  5. SYEV

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    Pourquoi l'affectation du libéralisme sur la société est soit positif soit négatif ? Il n'est pas censé être dépendant d'une gestion de celle-ci qui fera qu'elle sera positive ou négative à une société ?
     
  6. Vif'

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    C'était sous-entendu selon sa gestion actuelle.
     
  7. Kiss

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    Ça me paraît assez évident que nous ayons affaire à un énorme torchon sans réel fondement idéologique ni vision d'avenir claire.

    Le libéralisme tel qu'il est appliqué aujourd'hui n'a pour vocation que de satisfaire les élites. Il est intimement lié à la démocratie représentative d'ailleurs.
    Le cycle est toujours identique. L'élection représentative à deux tours a pour conséquence de favoriser le candidat "centriste" de base. Le candidat centriste, en France en tous cas mais on s'en rapproche dans pas mal de pays, est celui qui applique gentiment les directives de l'UE tout en appliquant quelques réformes sociétales.
    De fait, le candidat fraîchement élu se doit de se ranger et applique la politique habituelle qu'on nous sert dans une boîte de conserve depuis 1981.

    C'est un torchon. Que ce soit philosophiquement, socialement, économiquement ou écologiquement, rien n'est à garder.
     
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  8. Jesus Jenjirah

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    @Kiss
    Dans ton message, je vois plus une critique du système plutôt que du libéralisme en lui même.

    Pour te dire, en tant que libéral smithiens keynésiaste, je suis totalement écoeuré par ce pseudo libéralisme d'état qui se rapproche plus du cancer néo que d'un libéralisme plus "humain".

    Ton message m'interpelle surtout sur les problèmes du système avant tout mais je ne vois pas de solutions dans ce système.
    Mise à part une révolution qui semble ne pas arriver, tant on a divisé le peuple et qu'on l'a obligé à se regarder le bide plutôt que de pensée collectif.
     
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  9. Kiss

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    Je t'invite à poser la définition de ce que, toi, tu appelles libéralisme, histoire qu'on puisse commencer avec une base commune.
     
  10. Jesus Jenjirah

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    Je l'avais déja fait en présentant 3 facettes du libéralisme sur un autre post.

     
  11. BRJ

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    C'est marrant de se rendre compte que la majeure partie des libéraux du 20e siècle critiqueraient le neolibéralisme au moins autant que n'importe qui d'autre.
     
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  12. Jesus Jenjirah

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    On compte déja deux visions différente du libéralisme entre l'UK et les USA, rien que sur l'idée de laisser faire ou non
    En Europe, un libéral désigne un adepte du laisser-faire et donc un opposant de l’intervention de l'Etat dans l’économie. Aux États-Unis, un libéral est au contraire un partisan de l’intervention et se range dans une catégorie plus sociale qu'en Angleterre.
     
  13. BRJ

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    Sinon ma vision du néolibéralisme, en tant que social-libéral (enfin plus ou moins), est que celle-ci tente de faire primer la liberté économique sur la liberté politique.

    Le néolibéralisme émerge aux alentours de 1938 lors du colloque Lippman, organisé en réaction à la crise que connait le vieux libéralisme face à l'État-providence et aux collectivismes.

    En ressort plusieurs courants, dont celui de Hayek qui voit la liberté économique comme constitutive de la liberté politique. Il décide de transformer l'essai en créant la Société du Mont-Pélerin en 1947, un organe d'influence comme il en existe des tas à l'époque.

    Pour Hayek, le néolibéralisme ne doit pas être une extension du marché contre l'État, mais l'État pour le marché. L'État ne doit pas seulement perpétuer le marché, il doit le déployer sur des domaines où les logiques marchandes ne sont pas naturelles (scolaire, ...).
    Cette mise en concurrence généralisée à tout les aspects de la vie sociale et économique est l'incarnation du projet révolutionnaire à finalité anthropologique néolibéral : le marché concurrentiel est un processus de transformation de soi, de transformation en un homme nouveau désormais entrepreneur.

    + un article intéressant :

    Bonjour visiteur, merci de vous inscrire ou de vous connecter pour pouvoir consulter ce lien.



    Plusieurs critiques existent :
    • Keynes voit dans l'extension des libertés économiques un danger envers les libertés politiques encore récemment acquises à son époque
    • la galaxie socialiste y voit un espèce de stade final du capitalisme, duquel le néolibéralisme allait inévitablement émerger
    • personnellement j'y vois surtout un espèce de totalitarisme libéral (ce qu'est le nazisme par rapport au conservatisme, et les divers totalitarismes communistes par rapport au marxisme), dont la solution serait une refondation du libéralisme sur d'autre bases
     
    #13 BRJ, 30/5/18
    Dernière édition: 30/5/18
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