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La connaissance nous rend-elle heureux ?

Discussion dans 'Débats' démarrée par Jokies, 16/2/18.

  1. Jokies

    Jokies La muse photographe
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    La connaissance rend-elle heureux ?

    On peut se poser cette question existentielle : La connaissance rend-elle heureux ?_

    Par connaissance on entend un stock d'informations encodées dans le système mnésique (pas forcément utilisées).

    Par heureux on entend un sentiment, c'est-à-dire un état d'une durée dépassant les minutes, qui procure un sentiment de plaisir psychique.

    Il est advenu aux gens véritablement savants, ce qui advient aux épis de blé: ils vont s'élevant et se haussant la tête droite et fière, tant qu'ils sont vides, mais quand ils sont pleins et grossis de grain en leur maturité, ils commencent à s'humilier et baisser les cornes.

    Le plus sage homme qui fut onques, quand on lui demanda ce qu'il savait, répondit qu'il savait cela, qu'il ne savait rien.

    La vraie ignorance est celle qui s'ignore elle-même. La plus grande part de ce que nous savons est la moindre de celles que nous ignorons.

    "Quiconque cherche quelque chose, il en vient à ce point, ou qu'il dit qu'il l'a trouvée, ou qu'elle ne se peut trouver, ou qu'il est encore en quête. Toute la philosophie est divisée en ces trois genres." Montaigne

    "Ce que l'on ignore nous nuit moins que ce que l'on croit savoir."
    JJ Rousseau
     
    #1 Jokies, 16/2/18
    Dernière édition: 16/2/18
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  2. Jds

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    Est-ce vraiment la connaissance ou son usage qui rend heureux.se ? Est-ce que par ce même chemin, la connaissance (ou son usage) ne rendrait-il.elle pas malheureux.se ?

    Du coup on peut se demander : qu'est-ce qui fait que la connaissance a ce pouvoir d'impacter les affects ?

    Il y a aussi une façon de gérer la connaissance, le partage notamment, le partage amenant aux créations de liens sociaux, liens sociaux pouvant participer au bien-être d'un individu.

    De plus, on souligne le partage de la connaissance qui montre bien qu'il n'y a aucun perdant, et que l'on part sur du gagnant-gagnant.

    Ensuite cela ne se limite bien sûr pas au partage, il y a même son contraire, la rétention de partage de la connaissance, si je puis dire, pour éviter ce gagnant-gagnant peut-être.(modifié)

    Donc on a le partage de la connaissance, la rétention de la connaissance, que peut-on avoir d'autre ?

    Car là, c'est un usage social, ou plutôt, vis-à-vis du social, des individus qui nous entourent.

    J'ai envie de rester sur ce partage de la connaissance, imaginons un groupe d'individus effectuant une tâche, un projet, face à un un seul individu et face aussi à un autre groupes d'individus.

    Partons du principe que chaque groupe contient un individu ayant une connaissance sur le sujet, nous aurons :
    - Un groupe d'individus ou la connaissance est partagée,
    - Un groupe d'individus ou la connaissance ne sera pas partagée,
    - Un individu seul.

    La connaissance partagée entraînera une coopération, c'est-à-dire plusieurs individus ayant les connaissances minimales requises sur un sujet qui vont (espérons le) répartir les tâches et tous y mettre du leur.

    La connaissance non partagée ou retenue entraînera une simple .. co-action ? Seulement il y aura un déséquilibre puisque l'un des individus aura la connaissance tandis que d'autres non, alors on peut se douter que si les autres individus s'y mettent, cela va empêcher le bon déroulement de la réalisation du projet, ou bien des affects négatifs en tout cas chez l'un des deux camps, qu'il se passe quelque chose, ou non.

    Enfin, l'individu seul va réaliser la tâche sans aide, tout c'est .. on pourrait dire, un "groupe" contrôle, ou disons plutôt ici individu contrôle. Mais ce qui nous intéresse surtout ici c'est ce qui est ressenti psychiquement par les individus.

    Le premier groupe aura une meilleure cohésion, les liens sociaux seront renforcés, l'estime de soi aussi ce qui entraînera probablement de la confiance en soi, tout cela entraînant une montée du potentiel heureux (j'appelle ça comme ça pour éviter qu'on dise qu'on est heureux directement).

    Le second groupe aura une cohésion moindre, les liens sociaux seront peut-être faux, il y aura en tout cas une compétition, entraînant stress, comparaison sociale, qui peut se montrer source de dévalorisation ou de survalorisation.
     
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  3. BRJ

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    Une première esquisse de réponse pourrait venir de Mill.

    Ce philosophe utilitariste différencie deux types de plaisirs. Les plaisirs inférieurs, liés aux sens, comme le fait de se nourrir ; et les plaisirs supérieurs, liés à des besoins plus "humains", dont l'amour ou notamment ce besoin que l'on a de connaitre, de découvrir.
    Il affirme que les individus, une fois leur besoins primaires comblés, auraient tendance à privilégier ces plaisirs supérieurs :
    "Il est un fait indiscutable : ceux qui connaissent et apprécient deux sortes de manière de vivre donneront une préférence marquée à celle qui emploiera leurs facultés les plus élevées. Peu de créatures humaines accepteraient d’être changées en animaux les plus bas si on leur promettait la complète jouissance des plaisirs des bêtes ; aucun homme intelligent ne consentirait à devenir imbécile, aucune personne instruite à devenir ignorante, aucune personne de cœur et de conscience à devenir égoïste et basse, même si on leur persuadait que l’imbécile, l’ignorant, l’égoïste sont plus satisfaits de leurs lots qu’elles des leurs.".
    Le but affiché de la morale utilitariste étant la maximisation du bonheur général, on peut affirmer que la connaissance rend heureux.


    Bon après c'est pas forcément mon avis mais ça reste intéressant.
     
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  4. Jesus Jenjirah

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    Plusieurs point qu'il faut aborder avant de commencer.

    Le bonheur n'est pas universel. Ce qui te rend heureux ne me rend pas forcement heureux
    = Mon père s'en fou d'apprendre que le cinéma d'Antonioni est un cinéma du dépaysement.
    Moi je trouve ca génial
    So, le bonheur est relatif à l'individu.
    Donc On ne peut pas dire que la connaissance nous rend heureux car le bonheur n'est pas universel
    De plus, on ne peut se metre d'accord sur une idée générale du bonheur et de comment l'atteindre


    =Le bonheur est indéterminé car il est empirique. Il est definit par l'experience de chacun c'est à dire par son propre regard, son propre vécu.

    Donc on ne peut s'accorder sur un bonheur universelle.

    Le bonheur n'est pas un concept défini, cohérent logique
    Ce n'est pas mécanique et automatique comme la faim.
    La faim c'est "j'ai faim, je mange, j'ai plus faim" le bonheur c'est pas "je suis malheureux, je fais ça, je suis heureux"

    So. Est ce que la connaissance peut nous rendre heureux?
    Oui et non selon moi.
    Car universellement non. Mais individuellement pourquoi pas.
    Mais j'estime que le bonheur est quelque chose qui n'existe pas en soi. Le bonheur serait un état continue.
    Il y a peux etre des moment de bonheur mais pas du bonheur en soi.
     
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  5. Heian

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    Je suis d'accord sur le côté définition, c'est trop vague.
    Mais c'est pas si personnel que ça, au contraire. Et tu peux pas dire qu'un film peut rendre "heureux". Au mieux ça rend euphorique, admiratif, mais pas heureux.

    Un toit sur la tête, avoir à manger, des gens qui t'aiment, vivre dans un environnement paisible, vivre de ce que tu aimes faire, je pense que c'est de bons basiques pour se faire une idée de ce qui fait le bonheur de n'importe quel humain. Si le bonheur n'est pas universel si on va dans le détail (pas les mêmes fréquentations, pas les mêmes endroits, pas la même nourriture, pas les mêmes habitats, pas les mêmes activités, blablabla), dans les grandes lignes il l'est.

    Je suis pas tout à fait d'accord non plus avec l'idée que le bonheur serait juste de brefs moments de joie. J'ai pas cette idée du bonheur qui correspondrait à un simple shoot d'hormones, je vois plus une sérénité générale et une profonde bienveillance pour les autres.



    Pour revenir sur la connaissance, je pense pas qu'on puisse répondre car au final on restera toujours infiniment ignorants. Il faudrait connaître quelqu'un avec la connaissance absolue (pour l'ignorance on a ce qu'il faut) pour trancher.
     
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  6. Kiss

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    Pardonnez moi, mais j'arrive à contre-courant.

    Bon déjà, vu qu'il y a quelques désaccords sur les définitions, je viens donner les miennes qui sont, je pense, assez rigoureuses pour qu'on puisse s'en accorder.
    Déjà, j'entends par joie le sentiment mesurable qui procure momentanément une sensation de bien-être. Typiquement, je fume un joint, ça me procure de la joie. Je fais un câlin à une personne que j'aime, ça me procure de la joie, etc...
    J'entends ensuite par bonheur, l'état durable dans lequel peut se trouver une personne satisfaite de son état.

    Joie et bonheur ne sont que corrélés. Je peux être heureux (bonheur) sans être joyeux (joie) sur le coup, et toutes les combinaisons sont possibles. Cependant, on peut admettre, je pense, que des épisodes de joie fréquents engendrent un bonheur sur le long terme plus probable.

    Passons au concret.

    Pour moi, la connaissance est suffisante au bonheur. Elle ne lui est pas nécessaire du tout, mais elle peut suffire, à n'importe quel individu, à ce qu'il soit heureux.

    Déjà, pour le caractère "pas nécessaire", je pense qu'on est tous d'accord que l'expression "imbécile heureux" a son sens dans la vie de tous les jours. Un imbécile moyen qui ne comprend rien et est heureux de manger son burger le soir devant un téléfilm lambda, on peut juger ce qu'on veut, mais il est heureux.

    Venons en donc à la connaissance.
    Pour ce qui est de la joie, la connaissance n'a, et ne peut avoir aucun impact. La joie n'est satisfaite que lorsque les désirs sont satisfaits. Reprenez les exemples que j'ai cités pour la joie. Quand je fume un joint, je satisfait mon désir physique d'avoir du THC qui remplie mon cerveau (enfin j'sais pas comment ça fonctionne mais vous comprenez).
    Quand je fais un câlin à une personne que j'aime, je satisfait le désir d'affection que j’éprouve pour cette personne.
    Faites l'expérience : la joie n'est que la satisfaction d'un désir, tout simplement parce qu'on est humains.

    PAR CONTRE, le bonheur, c'est une autre paire de manche. Les épicuriens diraient qu'on atteint de bonheur en satisfaisant tous ses désirs, et que la joie momentanée, si elle est assez entretenue, aboutie à du bonheur.
    Je réfute cette thèse, tout simplement parce qu'il est largement trop difficile, qui plus est dans un système consumériste, de satisfaire tous ses désirs et il est même difficile de les maximiser.

    La solution est bel et bien la connaissance. Pas n'importe quelle connaissance attention. Connaître le monde, connaître la culture, tout ça c'est stérile en termes de bonheur. Le bonheur par la connaissance, on le retrouve chez les stoïciens, ou plus récemment chez Spinoza (désolé).
    Chez ces écoles philosophiques, on nous apprend à maîtriser ses désirs, voire à les annihiler. On nous apprend à comprendre le monde de sorte à servir le bonheur. Spinoza a écrit un livre qui s'appelle l'Ethique. C'est pas pour rien. C'est littéralement un guide de vie à suivre pour être heureux.

    Conclusion : La connaissance amène le bonheur si on va dans la bonne direction. Lisez Spinoza putain de merde.
     
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  7. Jesus Jenjirah

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    Ce qui te rend heureux ne me rend pas forcement heureux.
    Si on mange tous les deux le même repas a la fin nous n'aurons plus faim. Qu'on ai aimé ou pas.
    Des gens vont se sentir heureux en brisant des vies. En commetant des actes odieux.
    D'autre non.

    Même en effectuant des activités qui d'habitude nous procure du bonheur.
    Il se peut que pour une raison inconnu ou connu. Elle n'en produise pas.
    Un film peut rendre heureux. Quand je vois un très bon film, bien réalisé. J'ai un sentiment de bonheur. Je me sens bien, j'ai envie que le film ne s'arrête jamais.
    C'est probablement pour cette raison que j'étudie le cinéma.

    Toi tu ne trouvera pas la même chose en regardant un film probablement.

    Dans ma pensée. Je dégage l'idée que, du fait que le bonheur est privée. Que chacun à se propose définition du bonheur et de comment l'atteindre.
    De ce fait. On ne peut réeelement savoir si il est atteint.
    Sans définition sur lequel on peut tous être d'accord, on ne peut savoir si l'on a atteint ce bonheur quand on est heureux
    Toute volonté de le définir sera contestable et donc on ne peut trouver de solution pour y atteindre sur le plan collectif.
    J'en reviens à mon exemple de la faim. On sait tous comment mettre fin à la faim.
    Par pour le bonheur

    Néanmoins
    Des choses commune peuvent nous rendre heureux.
    Un voyage en amoureux par exemple.
    Car les personnes entrent-elle ont des différences mais également beaucoup de point commun et nous ne trouveront probablement jamais deux personnes partageant a 100 % les mêmes gouts et dégouts.

    En parlant de gout et dégouts. Il faut eteindre l'analyse du bonheur en le distinguant du plaisir.

    Le désir part d'un sentiment de manque car on désire quelque chose qu'on a pas et ensuite on fait en sorte de l'avoir
    = Désir de manger une glaçe, tu va la chercher et hop.
    Ce désir est éphèmère est voué à disparaitre et être remplacé par un autre
    Le bonheur lui est un état définit comme durable
    Le désir lui disparait vite
    Ce qui l'oppose au bonheur.

    Pour s'échapper à nouveau
    On va différencier besoin et désir

    Le besoin c'est se nourrir pour vivre.
    Le désir c'est la gourmandise
    Le besoin est ce qu'il y a de plus animal en nous à mes yeux.

    Selon moi le désir empêche le bonheur
    Selon la première définition "
    Le bonheur est un état durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l'esprit et du corps, d'où la souffrance, le stress, l'inquiétude et le trouble sont absents."
    Or le désir engendre un manque. Ce manque crée souvent une souffrance légère comme faible si on ne satisfait pas ce désir et donc cette état durable, avsent d'inquietude n'est plus

    Mais peut-on réellement combler tous nos désir?
    Non; Le désir se répète et est illimité et surtout incontrolable.
    Tu ne peux pas controler tes désirs. De + Le propre du désir est d'être infini.
    Donc chercher le bonheur en comblant ses désir est impossible

    Ma réponse sur le bonheur c'est comme l'être parfait.
    Nietzsche dans son sur-homme (bien meilleur que le conatus de Spinoza qui était dans la perseverance et pas le dépassement coucou Kiss )
    Dans le sur-homme il veut pousser l'homme à se dépasser.
    Sauf que le sur-homme est un idéal donc pas atteignable. Pour moi l'important c'est de continuer à courir après cette idéal.
    Un peu comme l'idée d'être a 100 % sur 10 km et de se lecher trotinner sur le dernier km car tu es sur de gagner
    Tu auras atteint ton objectif mais sur le plan personnelle tu n'a pas chercher à te dépasser
    Le but c'est qu'en voulant atteindre cette idéal, tu te surpasses. C'est ce qui fait de toi un homme

    Le bonheur devrait être la même chose.
    Une sorte de quête, de destination, d'idéal.
    On se bat pour être heureux (en général) et c'est cela qui caractérise peut etre le bonheur. Cette volonté de vouloir l'être.
    Si on atteindrait cette idéal, on se relacherait et on entrainerait notre chute.
    On ne baisse jamais la garde.
    On peut même nuancer la chose.
    Si on atteint l'idéal, l'or, le Graal. L'idéal serait de tout faire pour conserver son acquis et même d'aller plus loin encore.
    Tu as gagné une médaille? Garde ton titre de champion du monde et gagne une seconde.

    Voilà voilà
    Exactement
     
  8. Heian

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    Par rapport à la bouffe, qu'on ait aimé ou pas c'est justement la nuance importante.
    Comme tu l'as dit, on peut pas tellement avoir une définition claire ce que signifie "heureux" donc ça restera une confrontation de points de vue qui s'accordent pas tout à fait sur le sujet débattu.
    Moi, je pense pas qu'on puisse être heureux en "faisant le mal". On peut être satisfaits, euphoriques, hilares à divers instants, mais c'est plus un poison à long terme qu'autre chose. C'est une démarche que je trouve très enfantine.

    Globalement, je suis d'accord avec ça.
    Je serais moins catégorique sur le côté "on sait pas comment faire", j'ai notamment en tête des expériences sur les effets de la gratitude qui me viennent.

    J'ai rien à rajouter sur le Surhomme de Nietzsche, il va sans dire que c'est un des plus beaux concepts de philosophie. Autant je supporte pas qu'on présente un auteur ou une idée comme indispensable à une réflexion (parce que ce que j'en comprends, c'est "réfléchis surtout pas et répète"), autant je suis forcé d'admettre que ce concept apporte beaucoup en terme de remise en question.
     
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