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Identifier le mal

Discussion dans 'Problèmes généraux et inclassables' démarrée par BRJ, 9/1/19.

  1. BRJ

    BRJ Membre chevronné

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    Hey ça faisait un moment que j'étais pas passé par ici :)

    Je n'ai aucune idée de comment commencer tout ça, je n'ai pas l'habitude de vider mon sac sur internet, alors excusez moi si mes propos sont désordonnés.
    Peut-être que certains ce souviennent de moi, j'étais surtout actif sur la partie "Débats" du forum. Pour ceux qui ne me connaissent pas excusez moi, je n'ai jamais fait de présentation, n'aimant pas trop "raconter ma vie". De toute façon je suis partis pour en résumer une partie, le but du topic étant que vous m'aidiez à trouver ce qui cloche chez moi.
    J'avais déserté ce forum par un raz-le-bol généralisé contre l'idée de débat, rien contre les membres du forum hein, ça venait de moi.

    Enfin bref, ayant du mal à comprendre pourquoi je vais mal, voir même si je vais mal tout court, et préférant éviter le plus possible le passage chez le psy, je suis réduis à faire quelque chose que je m'interdisais à faire sur internet il y a quelques mois, raconter ma vie.


    Tout d'abord socialement je ne devrais pas avoir à me plaindre. Ayant une bonne tête, j'ai toujours eu, malgré mon introversion, des amis. Pourtant j'ai souvent eu des reproches sur mon comportement vis-à-vis d'eux. J'ai tendance à mal réagir à la moindre sensation de séparation. En gros, j'ai une vraie peur de l'abandon. A la moindre contrariété j'ai tendance à adopter un langage cru et violent, à prendre des décisions irréfléchies, comme me barrer d'un festival sur un coup de tête. Je passe en quelques heures de l'amour fou envers les miens à une agressivité dégueulasse. Et ce, très fréquemment. Puis quelques moments après les viennent les regrets, je me demande comment on peut encore vouloir fréquenter quelqu'un d'aussi ingrat, ceci alimentant mon angoisse d'abandon.
    Heureusement j'ai de vrais amis de longue date, ces derniers sont particulièrement tolérants malgré que je leur mène souvent la vie dure.

    Scolairement non plus, je ne devrais pas me plaindre. Si j'ai eu une scolarité difficile au lycée, à cause de problèmes de comportement qui m'ont valu deux exclusions, un redoublement, ainsi qu'un exil salvateur en internat ; je suis désormais un étudiant pas trop mauvais en IEP, j'étudie des choses qui m'intéressent, je fréquente des personnes partageant mes centres d'intérêts.
    Malgré cela j'éprouve depuis cet été une lassitude face à la chose politique. Plus précisément une lassitude face aux personnes passionnées de politique, à l'hypocrisie de leurs débats, à l'ambiance politique générale en France. Je perds confiance envers ceux qui font ce monde pour lequel pourtant j'éprouve une véritable passion. Au point que j'ai arrêté d'aller voter, d'aller voir des conférences, de regarder des vidéos faites par des militants politiques lorsque celles-ci sont trop sérieuses. La crise des gilets jaunes m'emmerde, je suis absolument défaitiste quand à la question environnementale, et je ne sais pas si un dénouement heureux est possible au niveau des relations internationales, notamment pour le projet européen qui m'est si cher.

    Au niveau de la santé, j'ai un véritable problème de toxicomanie. Ca va bientôt faire 5 ans que je n'ai pas passé une semaine sans aucune prises. Je suis passé par tout et n'importe quoi : opiacés, anxiolytiques, hallucinogènes, amphets, et le cannabis évidemment. J'ai dû arrêter récemment ce dernier à cause de quelques pépins au niveau des poumons. Fidèle à moi-même, je l'ai remplacé par d'autres, moins mauvaises pour cet organe, comme l'alcool et les anxios.
    Étonnamment cette consommation a été corolaire à la remontée de mes notes et à ma réussite scolaire. Je me suis toujours demandé si la drogue n'avait pas atténué mes tendances anxieuses.

    Peut-être le problème vient aussi de ma philosophie de vie. Libéral-libertaire et très nihiliste quand aux questions morales, j'ai toujours posé la Liberté comme fin, et la connaissance comme moyen. Mes philosophes favoris sont Ruwen Ogien et Camus. Ce dernier parlait du suicide comme étant le seul problème philosophique vraiment sérieux. A vrai dire ce problème me taraude très régulièrement depuis plusieurs années déjà. Heureusement, mon athéisme me pousse à croire que hors de ce monde il n'y a rien, qu'il n'y a que la vie, et que cette dernière doit être vécue avec tout ses malheurs et joies nécessaires, ceux-ci étant primordiales à la libération de l'individu.


    Bref, j'ai lâché un gros pavé, merci de m'avoir lu, ça fait du bien de vider son sac à des inconnus.
     
    #1 BRJ, 9/1/19
    Dernière édition: 9/1/19
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  2. Moon

    Moon Membre actif

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    Hey.

    Rien ici ne me paraît ne pas pouvoir se régler.

    Tu le dis toi-même, socialement tu es satisfait. Vis-à-vis de ton comportement envers tes proches, déjà relativise. Si ces amis de longue date le sont encore, c'est bien que malgré ton irritabilité ils nourrissent une forme de confiance envers toi.
    Mais pour te sentir moins coupable de ce comportement ingrat qui va alimenter aussi tes doutes et ton manque de confiance par la suite, essaie de réfléchir à cette peur de l'abandon. D'où vient-elle ? Quel est l'élément déclencheur de ces "crises" impulsives ? Que ressens-tu lorsque tu es agressif, quelles pensées/frustrations gardes-tu pour toi à ces moments-là ?

    Scolairement, encore une fois la situation paraît satisfaisante à tes yeux.
    Ce que tu traverses sur ce point-là est plus profond je pense, parce que ce ne sont pas tes études que tu remets en question, mais la politique en elle-même. Je pense personnellement qu'il est normal d'éprouver de la lassitude quant à la situation politique en France et dans le monde. La vision du futur qui nous est proposée est plutôt sombre, et ce n'est pas comme si les solutions qui nous étaient présentées à la crise actuelle étaient de véritables changements sociétaux réfléchis et novateurs.
    Pourtant, tu parles de la politique comme d'une véritable "passion". Lui tourner définitivement le dos serait dommage, non ? Ce n'est pas parce que tu traverses une crise de sens depuis quelques mois qu'elle a fini de perdre toute sa valeur et intérêt, je pense. Tu peux essayer de lire, ou de tout simplement t'intéresser à des visions/avis politiques que tu connaissais moins bien jusque là, chercher des moyens différents de t'impliquer et de donner sa place à cette passion dans ta vie.
    Prends peut-être un peu de recul sur la situation actuelle, pour mieux penser les choses dans leur ensemble, avec une perspective plus historique peut-être, probablement plus porteuse de sens que d'être en permanence plongé dans l'immédiateté de l'actualité, ce qui peut être anxiogène à force je trouve.

    Pour la drogue, il est possible en effet qu'elle calme ton anxiété. Néanmoins, je pense que tu te doutes qu'il ne s'agit pas d'une solution à long terme envisageable. Qui plus est, elle peut probablement cacher ces problèmes d'anxiété, mais je ne pense pas qu'elle soit à même de les résoudre.
    Tu dis vouloir éviter le plus possible le passage chez le psy, or pour ce problème-ci il me paraît délicat de continuer à "soigner" ton anxiété de cette manière. Prendre des anxiolytiques n'est pas anodin. Si tu veux toujours éviter une psychothérapie à tout prix, lance-toi peut-être dans quelque chose de moins direct, en parlant de tout ça à des proches ou en l'externalisant par une activité par exemple, ne serait-ce que marcher dehors ou faire des exercices de respiration. Néanmoins, attends-toi à ce que les effets sur ton anxiété viennent probablement bien plus longtemps après que si tu avais entamé une psychothérapie régulière pour t'en débarrasser.

    Je ne pense pas que tu penses la phrase "peut-être le problème vient aussi de ma philosophie de vie". Tu as l'air d'être déterminé sur cette question, et je pense que tu sais qu'opter pour une philosophie de vie feel good vendeuse ne peut pas être satisfaisant à long terme. Encore une fois, lis des livres, accumule des connaissances, renseigne-toi sur des sujets sur lesquels tu connais peu, tout en allant vers les choses qui à toi, te semblent justes. Remets en question tes positions.
    Ce moment désagréable que tu traverses peut être une énorme opportunité de prendre du recul sur ce que tu penses et sur tes convictions véritables, alors sois déterminé et tu pourras peut-être en ressortir plus fort.
     
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