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Texte d'insomniaque

Discussion dans 'Poésie, récits, théâtre' démarrée par Ebereau, 19/6/17.

  1. Ebereau

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    Je profite de cette insomnie pour écrire et tant qu'à faire, poster ça ici! Texte fictif, bien entendu :^)

    C'est une fille souriante.
    À l'école, mauvaise. Elle n'étudie pas des masses, il faut dire. Elle préfère s'occuper a s'tailler les veines chez elle. Elle rend ses copies blanches, vides et même sans qu'elle y ai inscrit la moindre réponse, on peut y lire ses craintes et ses désirs. J'y lis ses peurs et les apprends par cœur jusqu'à ce qu'elles deviennent miennes, je m'imagine sombrer jusqu'à penser pouvoir lui ressembler, je pense à ses idées et les miennes noircissent, tellement de couleurs se sont mélangées et entre-choquées que même le beau bleu de ses yeux devient un gris triste et terne. Parce qu'elle s'en veut tellement. Elle se dit que son existence est fade, laide, qu'elle est de trop. Peut-être n'est-elle pas faite pour vivre? Elle a peur de se réveiller chaque matin, elle a peur que ses paupières s'ouvrent et que ses tristes yeux bleus aperçoivent la lumière toxique, que ses oreilles entendent le brouhaha de la vie, peut-être parce qu'elle a trop entendu le silence de la mort. Elle a mal, elle est trop fragile, elle est trop faible, le vent tape contre son visage, le vent de la fatalité pétrifie son si joli visage. Elle se saigne, elle se taille parce qu'elle s'en veut. Pourtant, parfois, elle se trouve belle et intelligente, ses projets fleurissent et elle s'imagine photographe, se réinvente musicienne et se recrée jusqu'à perdre ses origines. Elle trouve que la vie est jolie et les arbres d'automne la remplissent d'une douce nostalgie. Mais le vent revient quand elle s'y attend le moins, la tristesse se rit d'elle et elle, elle rit alors que sa tristesse l'empoisonne. Le poison coule dans ses veines et atteint ses poumons, ils se foncent à cause de la fumée de sa peine. Le poison passe dans sa tête et ses idées redeviennent noires, son coeur pourrit et sa vision se brouille. Mais ça, ce n'est pas le poison, c'est ses larmes. Et elle s'en voulait de petites gaffes qui pourtant passaient anodines, elle ne se pardonnait pas, elle s'en voulait, elle en voulait, au monde elle en voulait. La rancœur commençait a faire son nid. Elle ne pardonnait pas l'injustice, elle ne pardonnait pas le cancer qui avait pris son père et ses propres mauvaises fréquentations. La fumée court et s'enfuit de sa bouche, "pas de fumée sans feu" n'est ce pas? Son feu la brûle et la consume. Papa, dis t'es où? Papa? Le psy lui pose des questions sur toi, qui pourrait donc y répondre? T'es plus là et maman n'ouvre pas la bouche. Ça la rend si triste.
    Elle s'engueule avec maman et ce foutu psy ne saura jamais rien. Mais comme elle s'en fou, dans son esprit, toute la place est prise! La rancoeur, monsieur! La rancœur a sa place, elle prend le contrôle et la bouffe, elle la bouffe, elle la bouffe jusqu'à ce qu'il ne reste même pas une miette de son ptit cœur. Son cœur s'emballe et ses larmes dévalent la colline de ses joues, elle meurt elle meurt, elle lutte elle lutte. Et elle pleure une dernière fois, elle meurt un dernier soir, elle rit de ce monde injuste! Elle se rit de vos belles paroles! Elle se rit de vous et de votre hypocrisie! Moi je me ris de vous et de votre entêtement à faire cet enterrement! Je possède sa lame et sa lame m'obsède, vous savez quoi? Elle a enfoncé la lame, elle l'a enfoncée jusqu'à ce que le sang perle et que sa colère déferle, meurs rancœur, meurs!
    Elle était une fille souriante, dit maman à l'enterrement.
     
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